Couture Minilouve #01

Dès que je couds, Minilouve vient avec moi, elle me regarde, elle questionne, elle observe. Elle s’installe, prend du tissus, sa petite boîte à couture que je lui ai donné (des petits bobines de fils, quelques aiguilles, un ruban, une mini paire de ciseaux, un dé à coudre… ). Elle est toute contente. Elle fabrique des vêtements pour ses barbies…

Machine à coudre

Je lui avais promis qu’un jour elle pourrait coudre à la machine… Je voyais bien qu’elle en avait envie ! Seulement, j’ai peur de ne pas être suffisamment zen, de lui crier dessus, d’être brusque dans mes gestes d’accompagnement et la dégoûter de la couture ou lui transmettre la fausse croyance qu’elle est nulle en couture. Ma maman n’avait pas la zénitude : trop perfectionniste. Et j’ai mis des années à me réconcilier avec la couturière en moi. J’ai peur de reproduire. Je connais mes zones d’ombre encore tapies et quand elles resurgissent. J’ai appris à me respecter, faire avec elles et non plus contre elles…

J’ai repris confiance en moi en couture. Je me sens capable d’accompagner ma puce et aujourd’hui, je me sens particulièrement zen… Prête à accepter les imperfections, les erreurs 😀

Je lui ai proposée ! – “Dis Minilouve, ça te dit de coudre un petit quelque chose à la machine à coudre ?” – “Ahhh ouiiiii, suuuperrrrr !!” – “On va débuter par un truc simple. On va regarder ensemble ce que tu pourrais faire qui te plaît et d’accessible pour une jeune débutante ! ça te va ?”.

On est monté toutes les deux (avec Ptitloup, évidemment. Il a joué avec des tournevis et des chutes de bois. Il bricole, comme papa ! Il nous a donc laissé au calme et concentrée !! Youpiiii). On a sorti un de mes livres de coutures avec des réalisations assez simples, des petits doudous pour enfants etc. Mais, Minilouve a choisi de faire des lingettes (on se demande bien pourquoi LOL).

Lingettes lavables

Je lui ai proposé différents tissus (pas mon joli et cher tissus oeko tex pour mon eShop). J’ai choisi des tissus se prêtant bien aux lingettes et facile à coudre (pas trop fin et fluide). Elle a voulu un molleton pour le dessous (avec le molleton face visible, car c’est tout doux) et un coton popeline imprimé.

Elle a fait son gabarit : 12×12 cm dans du carton, pour un fini de 10×10 cm. Elle a donc utilisé la règle. Puis, elle a découpé. Je l’ai aidé, car mon carton est bien raide, elle peinait et avait peur d’aller de travers.

Ensuite, on a pris le tissus. Je l’ai repassé histoire de bien retirer les plis. Elle a posé son gabarit et tracé au feutre textile couture. J’ai découpé.

On a, ensuite, réfléchis à comment positionner le tissus pour qu’il soit dans le sens voulu quand on aura fini de coudre et qu’il sera retourné. Elle l’a donc bien posé endroit contre endroit. Je lui ai montré comment épingler. Elle a mis les épingles pour bien maintenir les deux tissus.

Pour l’aider, j’ai tracé les traits de couture. Moi, je suis le bord. Mais pour elle se sera plus facile.

Essai sur chute

Avant de se lancer à coudre sur sa lingette. J’ai pris une chute de tissus de mes masques, de bien 60 cm de long. Je lui ai tracé 3 grands traits au feutre. Je lui ai expliqué qu’elle allait d’abord se familiariser avec la couture à la machine sur cette chute, en essayant de bien suivre le trait. Je lui ai montré le départ (avant/arrière/avant pour le ‘nœud’), puis positionner ses mains sur le tissus pour le guider sans l’entraver et terminer son point (arrière/avant) avec son ‘nœud’. Elle s’est bien positionnée pour être à l’aise avec la pédale !

Avant de débuter, elle était toute stressée ! Moi, toujours aussi zen 😉 – “Ma puce, c’est pas grave si tu ne vas pas droit ou je ne sais quoi d’autres. On recommence et puis c’est tout !! Il peut rien arriver de grave !!’. (j’ai un stock d’aiguille, au pire, si elle en casse).

Le 1ere trait, je l’ai un peu aidé à guider le tissus, avoir la bonne tenue du tissus. Le guider, sans le retenir ! Elle avait un peu peur d’appuyer sur la pédale : trop fort ou pas assez ! C’est tout un art. Elle a vite su trouver l’équilibre, je trouve.

Son 2ème trait de couture, je l’ai encore aidé, mais à peine….

Elle a fait le 3ème toute seule, du début à la fin. Elle était super contente. Et franchement, sa couture était propre et elle avait bien suivi le tracé.

La lingette !

Nous sommes donc passé à la couture de la lingette au point droit sur 3 (comme ses essais). Elle n’avait qu’à faire comme sur ses essais : noeud de départ (avant/arrière), suivre le trait, s’arrêter au petit point tracé dans l’angle. Je lui tournais juste le tissus, le repositionnais bien, et hop elle continuait. Je lui avais bien matérialisé où elle ne devait pas coudre, pour pouvoir retourner l’ouvrage ! Elle partait d’une des extrémités de l’ouverture et s’arrêtait à l’autre.

Nickel ! Trop forte ma puce.

Elle a coupé les angles pour qu’ils soient bien propre au retourné et j’ai coupé avec les ciseaux crantés sur les droits. Elle a retourné le tout : ça elle sait faire, elle m’aide souvent à le faire quand je couds des lingettes. Elle a pris le crayon sans mine pour bien aller dans les angles 😉

Ses yeux brillaient de 1000 feux !

Elle a replié le rentré de l’ouverture pour qu’on la ferme avec la couture droite de finission. J’ai mis un coup de fer à répassé.

Je lui ai positionné le tissus sur la machine, en lui expliquant que là c’était le plus délicat. Je ne peux pas lui tracer son trait de couture. Elle doit suivre le bord en allant le plus droit possible. J’étais derrière elle, pliée au-dessus d’elle, les mains sur les siennes pour l’aider à guider son tissus et lui dire “appuies ou stop” pour son pied, démarrer ou arrêter la couture.

Elle est very happy ma Louloute !!! Sa lingette est super belle 🙂

Tellement contente et motivée qu’elle a cousu sa deuxième (nous avions préparé 2 lingettes). A la dernière couture de celle-ci, elle s’est un peu emballée, et au lieu de stoppé son appuie sur la pédale, elle a été plus vite. Hum j’ai peu peur pour mon doigts qui tentait de remettre le tissus en ligne car l’aiguille allait sortir du tissus !! J’ai su restée zen quand même, même si mon émotion s’est un peu sentie ! J’ai juste expliquée qu’elle devait bien écouter mes consignes avant de débuter… Mais, ça c’est mon Minilouve. Elle galope, galope… écouter la consigne jusqu’au bout c’est… ch****. C’est ce qui a valu des suées avec l’abeille hier 😛

Et voici <3

Ses deux lingettes l’ont épuisée – “Ah moi je suis fatiguée !! C’est stressant quand même !! Je vais faire une petite pause. Mais on va en faire plein pour chez papa, quand je le verrai après le confinement et qu’on sera bien tous guéris.”

1ere lingette cousue par ma Minilouve (7 ans)

Appartée unschooling / contrôles pédagogiques

Pour faire les familles en IEF ou celles se questionnant dessus et notamment le unschooling.

Ma Minilouve s’est faite super plaisir en cousant. Elle apprend à coudre, se servir d’une machine à coudre. Mais elle a aussi fait des mathématiques avec notamment de la géométrie (tracer un carré, utiliser une règle, savoir lire les chiffres, connaitre la notion de centimètre), elle apprend aussi l’image mentale, la déduction : dans quel sens positionner et coudre le tissus pour qu’il soit dans le bon sens une fois retourné ? Elle apprend l’autonomie (faire seule, organiser son travail, sa méthodologie). Elle travaille “écouter une consigne, la comprendre, la mettre en pratique”. Elle apprend aussi l’analyse et le bien-fondé d’une consigne, en expérimentant et en analysant le résultat… Elle apprend les gestes de sécurité pour elle et pour les autres. etc etc.

Voilà comment une activité du quotidien développe pleiiin de compétences de ce fameux socle commun. Voilà le travail que je fais quand je prépare les contrôles pédagogiques de mes enfants : je reprends chaque compétence ‘attendue’, je mets dans quelles circonstances/activités elle est abordée chez nous et là où mon enfant en est. Et là, on voit que TOUT est apprentissage !

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