Ces contacts que nos défunts nous offrent et que la science commence à documenter

À propos de « Contacts spontanés avec un défunt » d’Evelyn Elsaesser, livre que j’ai lu d’une traite, recommandé par le Dr Christophe Fauré lors de son atelier thématique du 3 juin 2026 sur les VSCD et la dimension spirituelle dans l’accompagnement du deuil.
Comment ce livre est arrivé dans ma vie
Je fais partie du réseau Inexploré Praticiens – réseau de professionnels pluridisciplinaires de l’accompagnement, du soin et de la conscience, porté par l’INREES, qui explore depuis 2007 les frontières entre science, psychologie et spiritualité. C’est dans ce cadre, lors d’un atelier thématique animé par le Dr Christophe Fauré le 3 juin 2026, consacré aux VSCD et à la dimension spirituelle dans l’accompagnement du deuil, que ce livre m’a été recommandé.
Christophe Fauré est psychiatre et psychothérapeute, spécialiste de l’accompagnement du deuil et de la fin de vie depuis plus de vingt-cinq ans. Ancien praticien en soins palliatifs (hôpital Paul Brousse, Pitié-Salpêtrière, maison médicale Jeanne Garnier), auteur d’une dizaine d’ouvrages aux éditions Albin Michel, il est l’une des voix les plus sérieuses et les plus documentées sur l’accompagnement du deuil et les expériences extraordinaires liées à la mort. Il signe la préface du livre d’Evelyn Elsaesser.
Lors de cet atelier, il nous a transmis une recommandation claire : nous documenter scientifiquement sur les VSCD et les études réalisées en la matière, afin de disposer d’un bagage solide face aux détracteurs, face au scepticisme ordinaire, face à la vision « matérialiste » – cette conception selon laquelle le cerveau produit la conscience, et que lorsque le cerveau s’arrête, la conscience disparaît avec lui.
La théorie matérialiste cerveau = conscience n’est pas une vérité scientifique établie. C’est un postulat. Une hypothèse de travail, dominante dans notre culture occidentale contemporaine, mais qui ne repose sur aucune donnée concrète prouvant que la conscience est uniquement le produit du cerveau. Les chercheurs qui travaillent sur les EMI, les VSCD et les expériences de fin de vie parlent eux d’une conscience non localisée – et ce ne sont pas des marginaux : ils engagent leur nom et leur carrière universitaire dans ces travaux.
Cette notion de conscience non localisée résonne d’ailleurs avec ce que la physique quantique a mis en lumière depuis un siècle : la non-localité quantique – ce phénomène d’entrelacement par lequel deux particules restent instantanément liées quelle que soit la distance – a déjà brisé l’idée que tout est séparé, localisé, enfermé dans l’espace et le temps. Des chercheurs comme le cardiologue Pim van Lommel ou le physicien Roger Penrose s’appuient sur ces ouvertures conceptuelles pour penser une conscience qui ne se réduit pas au cerveau. Ce n’est pas de la spéculation : c’est prendre au sérieux ce que la science elle-même ouvre comme possibilités.
Qu’est-ce qu’un VSCD ?
VSCD : Vécu Subjectif de Contact avec un Défunt. La définition donnée par Evelyn Elsaesser est précise : il s’agit d‘une expérience spontanée et directe au cours de laquelle une personne – fréquemment mais pas toujours en deuil – perçoit de manière inattendue un défunt par les sens de la vue, de l’ouïe, de l’odorat ou du toucher. Parfois, c’est plus subtil encore : une présence simplement sentie, une certitude intérieure, un rêve d’une qualité radicalement différente des autres, ou un contact perçu au moment de l’endormissement ou du réveil.
Ce qui distingue le VSCD d’autres formes de contact avec les défunts, c’est qu’il est spontané – apparemment initié par le défunt lui-même, sans que la personne l’ait cherché ou sollicité – et direct, sans intervention de médiums, de channeling ou d’appareils de transcommunication. Il surgit. Il arrive, souvent à un moment où l’on n’y pensait pas.
Et il arrive bien plus souvent qu’on ne le croit. La littérature scientifique indique que 50 à 60 % des personnes auraient vécu au moins un VSCD au cours de leur vie. Des témoignages recueillis sur tous les continents et depuis des siècles attestent que ce phénomène est universel et intemporel. Pourtant, il reste massivement tu, non nommé, non reconnu, souvent dissimulé par peur du regard des autres.
Elsaesser pose alors une question fondamentale : si ces expériences touchent la moitié de l’humanité, peut-on encore les appeler extraordinaires, paranormales ou inhabituelles ? Ne sont-elles pas, tout simplement, des expériences humaines courantes, normales, et dont l’étude sérieuse est urgente ?
Une enquête d’une ampleur inédite
Ce qui rend ce livre unique, c’est qu’il ne repose pas sur des cas isolés ou des témoignages recueillis au fil des rencontres. Il présente les résultats de la plus vaste enquête scientifique multilingue jamais réalisée sur les VSCD spontanés, un projet de recherche international mené depuis février 2018.
Les chiffres donnent le vertige : 1 004 questionnaires complétés (440 en français, 416 en anglais, 148 en espagnol), plus de 2 millions de mots recueillis en réponses libres, et 194 questions par participant, chaque questionnaire nécessitant deux à trois heures de remplissage. Malgré cet investissement considérable, très peu de participants ont abandonné en cours de route. Elsaesser y voit un signe : ces personnes avaient besoin d’un espace sûr pour déposer ce qu’elles portaient souvent seules depuis des années, confrontées à l’incrédulité, voire au scepticisme de leurs proches.
La rigueur méthodologique est irréprochable. L’équipe réunit Evelyn Elsaesser (cheffe de projet), le professeur Chris A. Roe et Callum E. Cooper de l’Université de Northampton, et David Lorimer du Scientific and Medical Network. Le comité scientifique comprend le professeur Kenneth Ring (Université du Connecticut), le professeur Peter Fenwick (King’s College de Londres), et le professeur J. Kim Penberthy (Université de Virginie). Le projet a obtenu l’approbation éthique de l’Université de Northampton et a été pré-enregistré au Koestler Unit Study Registry de l’Université d’Édimbourg. Ce sont les standards de la recherche sérieuse.
Ce que l’enquête révèle
Les résultats sont saisissants. Parmi les participants, 80 % avaient vécu plusieurs VSCD au cours de leur vie. Et dans la quasi-totalité des cas, l’impact de ces expériences est profondément positif : une majorité des répondants attestent d’un apaisement émotionnel suite à leur VSCD. L’effet sur le processus de deuil est qualifié par les chercheurs d’intrinsèquement bénéfique, même s’il ne fait pas l’économie du deuil, soyons clair !
L’enquête documente également un impact significatif sur les croyances des récepteurs : leur conception de la mort se transforme, la peur de leur propre mort diminue, et la conviction que la conscience survit à la mort du corps physique se renforce. Les personnes qui ont vécu un VSCD perçoivent, dans ce contact, la volonté du défunt de leur faire savoir qu’il existe sur un autre plan, de leur témoigner son amour, et de leur apporter son soutien.
Ces données ne prouvent pas l’existence d’un au-delà, mais elles invalident la certitude inverse. Le matérialisme n’est pas une vérité : c’est une hypothèse. Et ces études lui opposent des données.
Elsaesser elle-même adopte une posture d’une grande honnêteté intellectuelle : elle n’interprète pas. Elle ne tranche pas sur la nature ontologique de ces expériences. Elle observe, documente, analyse et laisse les données parler. C’est précisément cette humilité scientifique qui rend le livre crédible au-delà des cercles déjà convaincus.
Ce que ce livre change dans ma pratique et ce qu’il ne change pas
Ce livre ne change rien à ma pratique. Et c’est peut-être ce qui le rend si précieux.
Depuis mon enfance, j’ai la certitude (et non la croyance) que la conscience ne se réduit pas au cerveau, qu’elle ne s’arrête pas à la mort du corps, que le lien avec ceux qui sont partis peut continuer à exister sous une autre forme. Cette certitude est une évidence pour moi depuis toujours et nourrie par mes propres expériences vécues.
Hypnothérapeute, je travaille en hypnose thérapeutique classique, mais aussi en hypnose spirituelle, notamment les hypnoses d’entre-vies selon les approches de Michael Newton (LBL – Life Between Lives) et de Dolores Cannon (QHHT). Je pratique également l’énergétique et la guidance.
Ce que ce livre m’apporte, c’est de la matière scientifique, des données, des chiffres, une enquête rigoureuse qui documente, dans un cadre académique reconnu, ce que je vis et accompagne au quotidien. C’est précieux – non pour me convaincre, mais pour pouvoir nommer, expliquer, tenir ma posture face à ceux qui doutent ou pour des personnes endeuillées qui auraient besoin d’un cadre de référence avant d’oser parler de ce qu’elles ont vécu.
L’atelier avec Christophe Fauré qui m’a consolidée dans quelque chose d’autre : l’importance d’offrir explicitement, dans l’accompagnement du deuil, un espace à la dimension spirituelle : aux VSCD, aux expériences de fin de vie, aux EMI partagées, aux phénomènes de conscience élargie. Non pas pour tous et sans jamais rien imposer, mais pour ceux et celles qui le souhaitent, pour qu’ils puissent déposer ce qu’ils portent sans avoir à se justifier, sans craindre le regard sceptique. Cet espace, je l’offre. Ce livre, et cet atelier, m’ont donné des outils supplémentaires pour le tenir avec encore plus d’assurance.
Pour qui ce livre ?
Je le recommande en premier lieu à toutes les personnes en deuil qui ont vécu – ou vivent – ce type d’expérience et qui se sont senties seules avec elles, incomprises, ou qui n’ont jamais osé en parler. Ce livre est une validation, un miroir tendu avec respect et sans sensationnalisme.
Je le recommande aussi à tous les praticiens de l’accompagnement – thérapeutes, soignants, praticiens en médecines complémentaires – qui croisent des personnes endeuillées dans leur pratique. Comme Christophe Fauré nous y encourage : disposer d’un socle scientifique solide sur les VSCD permet d’en parler sans gêne, de tenir sa posture face au scepticisme ambiant, et d’ouvrir un espace dans lequel la personne peut enfin déposer ce qu’elle portait seule.
Et je le recommande à toute personne curieuse des frontières du vivant, de la conscience délocalisée, des mondes subtils, de la survivance de l’âme, dans ces espaces que notre culture occidentale a si longtemps refusé de regarder.
En guise de conclusion
Evelyn Elsaesser rappelle que les VSCD ne sont pas des expériences extraordinaires, paranormales ou réservées à quelques-uns. Ils sont humains, courants, normaux. La moitié d’entre nous en vivra un. Le problème, c’est que nous n’avons ni le langage, ni le cadre, ni la permission culturelle pour les reconnaître et les intégrer.
Ce livre donne tout cela. Et le postulat matérialiste dominant : cerveau = conscience, ne résiste pas à l’examen honnête de ces données. Ce n’est pas une question de croyance. C’est une question d’honnêteté intellectuelle face à ce que la recherche documente, modestement mais fermement, depuis plusieurs décennies.
Evelyn Elsaesser, Contacts spontanés avec un défunt – Une enquête scientifique atteste la réalité des VSCD, préface du Dr Christophe Fauré, Éditions Exergue, 2021.
Evelyn Elsaesser, projet de recherche sur les VSCD
Dr Christophe Fauré, Cette vie… et au-delà – Enquête sur la continuité de la conscience après la mort, Éditions Albin Michel.
Site du projet de recherche VSCD : www.adcrp.org – Site d’Evelyn Elsaesser : www.evelyn-elsaesser.com
Je suis praticienne au sein du réseau Inexploré Praticiens (praticiens.inexplore.com), réseau pluridisciplinaire de professionnels de l’accompagnement, du soin et de la conscience, porté par l’INREES.